SMAO En bref

SMAO - Santé Mentale en Afrique de l'Ouest est une association formée par des psychiatres qui a pour objectif de collaborer avec des équipes soignantes africaines dans le domaine de la santé mentale. Le but de SMAO est quasi-exclusivement de former les agents de santé locaux à la psychiatrie. Pour cela, nous amenons des connaissances simplifiées et adaptées au "terrain", tant au niveau diagnostique que thérapeutique.

   

Plusieurs fois par an, nos équipes de psychiatres se rendent auprès de ces agents de santé pour avoir une activité de consultation conjointe, et pour organiser des formations en petits groupes. 

   

Les psychiatres qui partent avec SMAO ne sont pas les psychiatres traitant des patients béninois, togolais, ivoiriens, ... Ils sont les formateurs des agents de santé qui prendront en charge ces patients sur le long terme.



SMAO : un peu d'histoire

L’Association Santé Mentale en Afrique de l’Ouest est née d’une collaboration avec l’ONG Béninoise    "Saint-Camille". Cette association fondée par Grégoire Ahongbonon œuvre depuis près de 30 ans, en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo pour soustraire les malades psychiatriques au sort qui leur est le plus souvent réservé en l’absence de soins : l’errance pathologique dans les métropoles du continent et l’enchaînement physique à des arbres ou des murs à l’écart des villages dans les campagnes. La maladie mentale reste en effet un sujet tabou dans ces sociétés marquées par des croyances séculaires autour de la sorcellerie et de l’envoûtement.

 

L’action de l’ONG" Saint-Camille" s’inscrit aussi dans un contexte de pénurie de structures soignantes (un seul hôpital psychiatrique au Bénin par exemple). On peut ainsi regretter la quasi-absence de politiques de développement de réseaux de soins psychiatriques en Afrique de l’Ouest, tant du point de vue des gouvernements que des grandes ONG médicales internationales, pour qui la psychiatrie n’est pas une priorité. 

 

Grégoire Ahongbonon, simple réparateur de pneus, ayant lui même connu les affres de la dépression, a su vaincre ses propres préjugés pour aller à la rencontre de ces hommes et femmes oubliés de tous.

 Aujourd’hui ce sont plus de dizaines de milliers de personnes qui ont été accueillies dans les 8 centres de soins qu’il a créé en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo. Beaucoup ont pu être réinsérées dans leurs familles, au prix d’une lutte incessante contre les représentations de la maladie mentale encore en cours dans cette partie du monde. 

 

L’association Santé Mentale en Afrique de l’Ouest  est engagée dans un partenariat avec l’ONG "Saint-Camille" et développe les actions suivantes :

 

-          Aide à la formation en santé mentale de soignants locaux.

-          Organisation de missions de bénévolat dans le domaine de la santé mentale en Afrique de l’Ouest (Psychiatres, Internes en psychiatrie, Infirmiers psychiatriques, Infirmiers en pratique avancé, Éducateurs, Psychologues…)

-          Organisation de rencontres et débats en France autour du thème de la santé mentale en Afrique.

 

L’objectif de Santé Mentale en Afrique de l’Ouest est de participer à l’amélioration des prises en charge des patients psychiatriques à travers ses partenariats actuels au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire et ceux à venir avec des soignants d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.


SMAO est une association laïque, mais les partenariats passés avec des structures africaines, l’amène à travailler avec des organisations qui peuvent être engagées sur le plan religieux. C’est ainsi le cas de l’ONG St-Camille, dont le fondateur, Grégoire Ahongbonon, a situé l’action dans une dynamique soutenue par l’église catholique. Dans un pays comme le Bénin, la place de la religion est très importante et tant du point de vue chrétien que musulman, la majorité des projets sanitaires se font dans un cadre religieux (et ce d’autant que les politiques sanitaires publiques sont très faibles). Ceci est sans doute à rapprocher des « Hôtel-Dieu » ou des Hospices qui ont permis de couvrir l’Europe médiévale de lieux de soins tenus par des religieuses qui ont ensuite été repris par la puissance publique avec la naissance des Etats-Nations aux 19ème et 20ème Siècle.