L'association partenaire Sainte Camille de Lellis 


Historique

ONG fondée au début des années 80 en Côte d’Ivoire par Grégoire Ahongbonon, Béninois d’origine installé en Cote d'Ivoire. En une trentaine d’années, l’ONG St-Camille a construit plusieurs centres d’accueil (hospitalisation), de consultation et de réinsertion sur la Cote d'Ivoire puis le Bénin et plus récemment au Togo. 



Structures sur le Bénin

Les Centres d’accueil (hospitalisation) et de consultation

  • Avrankou (Porto-Novo)
  • Bohicon (Abomey)
  • Djougou 
  • Tokan (Cotonou)


Les Centres de réinsertion

  • Dambodji : (Boulangerie, Tissage, Batik) : Proche d’Avrankou
  • Calavi (Tissage, Batik, Boulangerie en construction) : A Cotonou
  • Agoïta (Exploitation Agricole) : Proche de Bohicon


Les Centres relais : 

  • Il s'agit de dispensaires, hôpitaux de campagne, paroisses qui consacrent un temps de leur activité à l'accueil et aux soins ambulatoires (consultations) de personnes ayant un trouble psychiatrique. Ce sont des structures non spécialisées en psychiatrie, qui acceptent, souvent bénévolement, d'accorder un temps de consultation dédiée à la psychiatrie. 




Fonctionnement


La démarche de l’ONG Saint-Camille est de confier un maximum de responsabilité à des patients stabilisés, tant dans le domaine des soins que dans le domaine de la gestion administrative et du quotidien. Ainsi plusieurs infirmiers des centres, une grande partie des aides-soignants et des personnels de vie (cuisinière, gestionnaire …) ont bénéficié des soins de l’ONG avant de faire partie du personnel de celle-ci.


Sur le plan de l’organisation des soins : A ce jour, un psychiatre, Dr Viou travaille sur le centre d'accueil de Tokan à mi-temps. Pendant longtemps, aucun psychiatre béninois n'intervenait sur les Centres St-Camille au Bénin ! Le pays ne compte d’ailleurs que 12 psychiatres en exercice concentrés essentiellement sur la ville de Cotonou.


L’essentiel des soins (Consultation, Diagnostic, Prescription) est donc assuré par des infirmiers. Ce modèle est cependant le plus fréquent en Afrique subsaharienne et ce, même en médecine somatique, du fait de l’absence d’un nombre suffisant de médecins. 


Les conditions d’accueil pour les malades dans les centres d’hospitalisation restent sommaires :

  • Couchage sur des lits de camps ou des nattes à même le sol. Il faut bien sûr remettre les choses en perspective puisque dans les hôpitaux publics, la situation est pire encore avec des conditions d’hygiène déplorables pour un prix nettement supérieur.
  • Le repas fourni par les centres est très répétitif (bouillie de céréale), mais là encore, aucun repas n’est fourni en général dans les structures de soins en Afrique de l’Ouest.
  • Les patients hospitalisés, sont peu vus par les infirmiers qui sont très occupés aux consultations. Ce sont les aides-soignants qui surveillent l’évolution et alertent l’infirmier si la situation se complique. Il faut là encore comprendre qu’il en est de même dans les hôpitaux psychiatriques publics en Afrique de l’Ouest.


Dans les centres de consultations, les nouvelles demandes et les situations complexes sont vues par les infirmiers qui prescrivent les soins ambulatoires ou proposent l’hospitalisation. Les renouvellements de traitement peuvent être faits pas les infirmiers ou des aides-soignants formés « sur le tas », et qui sont souvent d’anciens patients.


Le niveau de formation des infirmiers est plutôt correct avec une connaissance en sémiologie psychiatrique et une maîtrise des médicaments psychotropes utilisés localement assez bonne. Le niveau des aides-soignants est en revanche plus aléatoire. 


Un autre aspect qui peut choquer nos habitudes occidentales, est l’absence totale de confidentialité dans les entretiens, l’omniprésence du téléphone portable pendant les consultations… et la quasi absence de prise en compte psychologique dans la clinique. Il faut bien comprendre que cela est identique dans les hôpitaux et que probablement la « psychologie » ne peut naître que dans des sociétés où l’aisance matérielle et le niveau de connaissance moyen est plus important. La question du « Je » reste encore très floue et parcellaire en Afrique subsaharienne où le « Nous » (famille, communauté, village…) est encore au premier plan.


En résumé, l’offre de l’ONG St-Camille permet d’amener une réponse sanitaire en psychiatrie à l’échelle du territoire du pays, et ce à un coût accessible pour la plupart des familles. Cette offre reste bien évidemment très perfectible, mais a le mérite d’exister dans un pays où le service public n’offre qu’un seul hôpital psychiatrique (CH Jacquot) à Cotonou, où les soins proposés ne sont pas forcément de meilleure qualité et à un coût prohibitif pour la majorité des patients.


Pour en savoir plus : https://associationsaintcamille.org





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